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Les pétroglyphes de l'île de Ometepe


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Bien avant les canevas ou le papier, les peuples indigènes de partout dans le monde utilisaient la surface des pierres pour dessiner et illustrer d’importants événements, à fin de les conserver pour le futur. Les pierres leurs servaient de mémoire. Tout comme aujourd’hui avec les images que l’on trouve sur les murs et autres surfaces planes, les pétroglyphes pouvaient être sérieux ou seulement des graffitis. Malheureusement, puisque la majorité des dessinateurs n’ont pas laissé de mémoires écrites pour expliquer leurs œuvres, nous avons perdu un important lien historique en ce qui a trait à l’interprétation des pétroglyphes. Par contre, le manque de Rosetta Stone aidant à déchiffrer le message des pétroglyphes laisse libre court à notre imagination pour trouver leurs significations. Tel est le cas pour les milliers d’images laissées par les peuples anciens que l’ont trouvent au Nicaragua, la plus grande concentration se situant sur l’île de Ometepe.

Quel âge ont-ils? Nous ne savons pas précisément. Probablement que quelques uns sont plus âgés que 3000 ans. Nous pouvons estimer l’âge de certains d’entre eux en comparant les symboles avec ceux peinturés sur les poteries ou gravés sur les colonnes de pierre de Ometepe, Zapatera et autres îles du Lac Nicaragua.

Que veulent dire les symboles? De nouveau, sans écriture explicative laissée par les artistes de ces pétroglyphes, il est impossible de savoir avec certitude ce que signifiaient ces symboles pour eux. Plusieurs symboles, tel que les figures ou les spirales, sont largement répandus partout dans le monde. Par contre, avec les quelques cas documentés que nous possédons, nous savons que ces symboles ne veulent pas dire la même chose d’un endroit à l’autre. Par exemple, la double spirale, qui au Nicaragua représente une carte de l’île de Ometepe, se trouve aussi dans la région du Glen Canyon au Utah en Amérique de Nord, où nous pouvons affirmer avec certitude presque complète qu’elle ne représente pas l’île de Ometepe.

Ainsi, puisque nous ne pouvons jamais être certains que nous avons raison, nous ne pouvons non plus prouver que nous avons tord. Alors laissez aller votre imagination et explorez!

Pendant plusieurs années les archéologues et les historiens de l'art étudiant l'Amérique Centrale ont parlé de développer une base de données contenant toutes les images trouvées dans tous les pays. Les frontières politiques modernes rendent la comparaison des pétroglyphes d’un pays à l'autre difficile. Aujourd’hui, avec les cameras digitales et l'Internet, de telles comparaisons peuvent être faites sans même quitter la maison ou le bureau. Il est temps que cette base de données voit le jour.

Préserver le passé. Les pétroglyphes sont fragiles et progressivement érodés par la pluie, le soleil, le vent et la végétation. Ce processus est accéléré si nous les peinturons avec de la chaux ou autres substances, si nous les touchons ou grimpons dessus. Déplacer une petite pierre présentant un pétroglyphe, ou couper une partie, aussi petite soit elle, d’une plus grosse pierre ruine toutes possibilités d’interpréter le dessin, ainsi que la joie de contemplation de futurs visiteurs.

La plateforme de la Isla Muerto. Ce groupe de pétroglyphe est un des plus impressionnant du Nicaragua, malgré son état de détérioration important. De plus, contrairement à la majorité des pétroglyphes de la région, ils sont sur une surface verticale plutôt qu’horizontale. La plateforme offre un marquant mélange de formes géométriques, figures masquées, serpents et autres symboles. La roche dans laquelle les pétroglyphes sont gravés est très plastique. Le vent et la pluie ont réduit le contour nord de la plateforme et actuellement elle tombe graduellement dans le lac Nicaragua. À fin de préserver cet œuvre d’art national et ce trésor culturel, d’urgents efforts de conservation sont requis.